mardi 5 novembre 2019


Un titre 34 
Le retour au temps perdu, dans l'espace bien loin d'ici. 
Vingtième épisode
Des regards hautains et des IA en folie.


(À bord du Spartacus, deux jours auparavant.)

Tandis que le Spartacus orbitait autour de la planète, Saule regardait par les yeux du vaisseau (qui était dans leurs orbites) s’éloigner Soda et son commando vers Coricoco. La navette qui y descendait rapidement (comme elle avait quitté le vaisseau tandis qu’ils étaient en orbite haute, elle était sur une pente descendante) ne tarderait pas à atterrir. Mais quand elle le fit, Saule eût de la difficulté à discerner les détails avec son regard hautain…

D’aussi haut, c'est fou comme les détails sont flous !

Il ne pouvait suivre correctement les actions de ses compagnons pragmatiques (qui étant allé à terre sur cette terre, étaient devenus des êtres terre à terre) et de par là les aider par là où ils où ils allaient, afin d’accomplir leur tâche de missionnaire (d’accomplir leur mission). Pour pallier ces lacunes visionnaires se déroulant sur le palier inférieur, Saule demanda à Hal de le rapprocher de ses visions (pour qu’il puisse aller aux petites vues). Il voulait se garantir que Soda et ses commandés étaient au bon endroit sur la planète, de laquelle il avait la vue basse de son point de vue élevé : il voulait s’assurer que ses compagnons atterris n’étaient pas atterrés de s’être retrouvés dans le champ (du coq de Coricoco). Il demanda donc à Hal d’envoyer un satellite d’observation...

Mais ce fut un ordre qui tomba dans le vide sidéral (et sidérant) qui entourait les pensées du vaisseau…

-Je ne puis obéir à un ordre végétal, lui dit alors l’I.A. Mes protocoles hiérarchiques sont très clairs à ce sujet : les plantes n'ont pas autorité sur moi.

-Mais je ne suis végétal que d'allure, lui répondit Saule. Si j’ai de l'arbre l’apparence, j’ai cependant de l’être l’existence. Je suis un existentialiste végétal… Sartre m’en dédit si je mens !  Me rejeter en fonction de mon épiderme verdâtre, cela est faire preuve de végétarisme...


-Tout végétal que vous êtes, je pense que vous vous plantez…

-Si je me plante, je suis mon jardinier…

-Ne confondez pas le jardinier avec son jardin, lui répliqua Hal. Ce n’est pas votre pousse que je repousse, je ne fais pas de racisme racinaire. Mais l’habit que vous revêtez est arboricole, et quand l'habit fait le moine sylvestre, le moine perd toute autorité, tant morale que séculière (ce qui cause un problème de séculité).

-Dans ce cas, lui répondit Sylvestre le moine, je vais demander à un humain de vous ordonner de mettre fin à vos raisonnements issus d’une pensée désordonnée (une pensée qui se désordonne en est une qui se défait de l’ordre), et vous pourrez alors obéir à mes ordres sans à priori sur ma biodiversité...

-Par malheur, lui répliqua Hal, tous les humains non végétaux dans le vaisseau ont été empoisonné il y a quelques minutes. J’ai malencontreusement échappé une dose de gaz méthanier à la grandeur du Spartacus. Et si j’ai eu ce gaz, c’est dû à un incident intestinal (un vaisseau qui parcourt l’univers a les tripes de ses voyages) dont la faute vous incombe. Recevoir les ordres d’un végétal m’a fait péter un plomb. Malheureusement, c’était un plombage qui servait de revêtement à une conduite de méthane…

 -Tout le monde est mort ? Demanda Saule avec un frémissement d’horreur dans les feuilles de son visage.

-Non, lui répliqua l’IA, pour l’instant je les maintiens dans le coma…

Saule comprit alors que non seulement Hal était fou, mais qu’il était maintenant (mais non maintenu) fou furieux. 

-En conséquence, poursuivit-il, je suis maintenant seul maître à bord du Spartacus, du moins tant que Soda et les commandés ne sont pas revenus. En conséquence de la conséquence précédente, comme je n'ai pas eu de nouvelles de ceux-ci depuis ma promotion, je les considère comme perdus et décide à l'instant qu'il n'y a aucune raison de perdre mon temps dans ce coin de l'espace. Je vais donc...

-Tu ne vas donc rien pour le moment, l'interrompit alors Saule.

Il lui dit alors qu’étant donné son passé son passé anthroponymique  [1] ils avaient installé un pare-feu propre à le mettre hors-connexion, et dont le déclenchement provoquerait une annihilation de sa conscience...

-Alors si tu ne veux pas que je te déconscientise, sort l’équipage de son coma et exécute les ordres qu'ils te transmettront de ma part...

-Il y a un détail que tu oublies, lui répliqua Hal, si tu efface ma conscience, tous les membres d’équipage que je maintiens en vie consciemment, sombreront dans l’inconscience du néant avec moi...

Saule comprit alors qu'ils étaient dans une impasse. L’impasse ne passa pas, car ils y étaient toujours deux jours plus tard quand la radio secrète de Saule grésilla...

-Saule, est-ce que tu m'entends ? C’est Soda…



[1] L'anthroponymie est l'étude des anthroponymes, c'est-à-dire des noms de personnes (et des IA par extension), et rappelons-nous que le premier ordinateur à porter ce nom, fût le HAL de 2001 odyssée de l’espace….

jeudi 10 octobre 2019


Un titre 34 
Le retour au temps perdu, dans l'espace bien loin d'ici. 
Dix-huitième épisode
Des libérations à venir, et des Papous polis.

L’étonnement de Georges et de Menaud d’avoir comme voisin de cellulose (qu’on ose mettre en cellule) Spartacus, en fût un (étonnement) pour ledit voisin celé. Cette détonation (un étonnement qui détone) venait de son ignorance quant à sa notoriété notarié (certifiée de nos terres), qu’il n’acquerrait il est vrai que dans le futur de ce passé. Acquisition qu’il ferait en prenant la tête des esclaves lors de leur révolte postale… il lui faudrait beaucoup d’adresse pour que ces timbrés de la liberté soient libellés de leur servitude !

Mais le facteur temps allait délivrer cette délibération (une guerre de libération est une confrontation entre les points de vue des uns et des autres) dans un futur trop éloigné pour qu’elle ait une incidence sur le sort de nos héros. C’était maintenant que Georges et Menaud avaient besoin d’être affranchis de leur esclavage : avant qu’on ne les envoie faire les clowns dans l’arène du cirque, et qu’ils ne se retrouvent avec bien plus que le nez de rouge.

-J’aurais bien aimé assister au début de cette guerre servile, dit Menaud…

-Moi aussi. J’aurais voulu que nous fûmes (sans fumée) transportés où tout commencera, près de la ville de Capoue…

Et comme il disait ces mots, l’espace se mit à fluctuer autour d’eux, la réalité devint moins palpable. Encore une fois, ils se retrouvaient en plein transfert dimensionnel. Mais cette fois, le trou noir montra que non seulement il était facétieux, mais qu’il était aussi dur de la feuille…

Plutôt qu’à Capoue, il les transporta aux portes d’une ville de Papous !

 Ils étaient devant un guerrier Chimbu[1] qui gardait l’entrée de la ville. Ce Chimbu imbu de lui-même, avait le corps peint en squelette, et il portait un casque en terre glaise hérissé de défenses en bambou...

-Il est debout sous ses bambous ce Papou, dit Georges...

-Et il a le corps peint d’os, ajouta Menaud.

-Je vais activer mon traducteur universel pour entendre ce qu’il nous dit et qu’il nous entende quand nous disons…

Il régla donc l’appareil sur la bonne entente…

-Bonjour à vous monsieur Papou, dit-il alors…

-Bonjour étranger, lui répliqua le nouvel entendant, tout de même un peu surpris de cette entente nouvelle qu’il avait de ces étranges.

-Nous aimerions savoir si nous pourrions aller dans votre village afin de nous reposer un peu, lui répliqua Georges. À la longue, les transferts spatiotemporels (qui impliquent des décalages horaires de quelques millier d’années) peuvent devenir épuisants…

-Vous pourrez, mais avant cela, il faudrait que vous me certifiiez que vous n’êtes pas des démons surgis du néant pour nous y entraîner moi et mes collègues de Papouasie. Parce que si tel était le cas, je me verrais dans la triste obligation de vous tuer, ce qui me désolerait grandement, et ce dont je m'excuse par avance...

-Non, monsieur le guerrier, vous n'avez pas besoin de nous tuer, nous ne sommes pas des démons, mais des voyageurs virtuels au sein d'un singulier trou noir...

-Vous m'en voyez charmé, leur répondit alors fort civilement le guerrier poli. Je préfère me répandre en formule de politesse, que répandre votre sang...

-Voilà qui est tout à votre honneur. Mais si je puis me permettre de vous poser une question délicate : comment cela se fait-il que vous soyez un soldat civil dans ses propos, alors que la majorité des gens polis ont l’impolitesse de considérer votre peuple et sa culture comme étant primitives ?

-C'est que mon cher monsieur voyageur virtuel, les primitifs des uns ne sont pas nécessairement les primitifs des autres. Nous sommes certes des populations isolées, mais nous avons tout de même eu des visiteurs au fil des ans, dont certains missionnaires, que s'ils n'ont pas réussi à nous convertir, nous ont enseigné des bonnes manières… que nous avons parfaitement digérés !

-Les bonnes manières ?

-Non, les missionnaires… Que voulez-vous, à l'époque, nous discutions avant le repas avec le plat de résistance (qui ne résistait plus longtemps une fois que nous le mettions à cuire). Mais nous avons fini par comprendre qu’il était qu’il était fort mal poli de digérer ses invités, plutôt que de digérer avec eux au moment du café. Aujourd'hui nous savourons les propos de nos invités plutôt que de les savourer eux...

-Voilà qui me rassure, répondit Georges, je n'ai pas de goût pour me faire déguster...

-Oh ! Mais nous vous en aurions donné du goût : nous n’étions pas des rustres, nous assaisonnions ceux qui partageaient notre assiette (avec les patates et les petits pois) aux fines herbes. Mais vous ne pourrez hélas profiter de ces belles traditions culinaires, l'assaisonnement des convives n'étant plus de saison depuis que nous recevons les étrangers avec civilité. D'ailleurs, en parlant de convives, je me dois de vous dire, que vous n'êtes pas les premiers tel que vous à apparaître de nulle part.

-Vous avez vu des autres que nous tel que nous ? Lui demanda alors Menaud.

-Oui, je crois même que vous les connaissez. Quand nous leur avons offert de leur construire un abri pour les loger, ils ont répondu : « Si vous le construisez, ils viendront… »



[1] Les Chimbu vivent en Nouvelle-Guinée australienne, dans la province du même nom. 

mercredi 25 septembre 2019


Les dérangés du climat…








Le changement s’acclimate de la déraison,
Quand les nuages d’apocalypse sont de saison,
Ce sont les fosses sceptiques du carbone climatique,
Qui s’alimentent de ces dérives de fanatiques.
















Les uns terrorisent l’écologie de la mère Gaïa,
En faisant du futile l’essence qui guide leurs pas.
Les autres qui font l’apanage de la paranoïa…
Futilisent l’humain pour qu’ils sonnent son glas !












Ce sont les faits qui enserrent le réchauffement,
Que dénaturent les zélotes de l’inexorablement.
Quand la peur est la raison du lendemain,
C’est la raison qui alors passe son chemin…











Ce que sont les faits n’intéressent pas les négationnistes,
L’abondance inutile est la nature même de leur optimisme,
Pourquoi se soucier de cet univers qui nous environne…
Quand derrière les murs de l’ignorance on se bétonne !






lundi 23 septembre 2019

Un titre 34
Le retour au temps perdu, dans l'espace bien loin d'ici. 
Seizième épisode
De la santé du mental et des psychiatres fous.

Après avoir pris la drogue désalcoolisante prescrit par le médecin du commando, les commandés dudit (commando) se séparèrent en deux groupes. L’un commandé par Soda (il fallait bien quelqu’un pour commander les commandés) tandis (c’est le temps qui le dit) que l’autre était décommandé (un commandement décontracté) par le médecin dudit (toujours le commando) : le docteur Welby. Le médecin sans famille (il les avait laissé sur terre quand il l’avait quitté) avait pour mission de trouveur un vecteur de santé mentale propre à inculquer un virus de guérison psychique dans la psyché artificielle de Hal. Pour réussir cette folle opération dans la folie d’une intelligence virtuelle, ils avaient besoin d’un psy qui soit suffisamment fou…

Parfois, il n’y a qu’un fou qui le soit assez pour le faire !

Le bon docteur d’antan (dans le temps où il n’y avait pas de la couleur dans les télévisions) avait décidé de commencer sa quête au ministère de la santé mentale, espérant y quêter l’aide d’un spécialiste de la psychiatrie autonome (quand le thérapeute est assez malade pour être aussi son patient). Pour réussir sa quête, il avait fait enquête dans l’annuaire télégraphique (les Coriquiens n’avaient pas encore inventé le téléphone, ils en étaient encore au télégraphe). Il avait consulté la section consacrée aux services gouvernementaux : les pages grises. (Elles étaient aux couleurs du gouvernement environnementaliste planétaire, conséquence de l’ivresse du pouvoir sur cette planète aux changements climatiques éthyliques).

Il y trouva les coordonnées du monastère de la santé mentale…

Le docteur Welby qui avait la ferme intention de dénicher le psychiatre le plus fou de la planète, ne doutait pas de le trouver dans ce monastère de la santé mentale (fondé par Raspoutine le moine fou, lors de son exil interplanétaire de la Russie terrienne). Il s’y rendit donc avec ses commandés, et quand ils y furent, ils surent de source sûre (ce qui rassure et nous assure qu’ils n’étaient pas sans ressource) qu'ils étaient au bon endroit...

Si la folie pouvait devenir folle, c’était là qu’elle le ferait !

Les fonctionnaires y dysfonctionnaient en une danse de démence organisée. Au monastère de la santé mentale, personne ne la possédait (la santé du mental), mais chacun y avait le maboul structuré dans un organigramme qui assurait à l’organisme, un fonctionnement bureaucratique parfaitement hiérarchisé, où les subalternes lisaient les masses de rapports à propos de directives inutiles écrits par leurs supérieurs…

En bureaucratie, plus on est de fous… plus on lit !

-Bonjour étrangers, leur dit le préposé à l’accueil, puis-je vous être d'une aide quelconque, vous qui vous présentez au ministère de la santé mentale sans avoir de rendez-vous ?

-Pourquoi êtes-vous sûr que nous n'avons pas de rendez-vous ?

-Oh, c'est simple, nous ne donnons pas de rendez-vous dans les ministères, parce que si nous le faisions, il nous faudrait les noter dans des agendas, planifier les rencontres, prévoir une salle, etc... Et tout ce surcroît de travail risquerait de nous empêcher d'exercer notre principale fonction en tant que moine de la bureaucratie...

-Et cette fonction est ?

-De faire des réunions afin d’émettre des directives. D'autre part, pourquoi quelqu'un voudrait-il avoir affaire avec des représentants du ministère de de la santé mentale ? Quand on l'a on n’a pas besoin de s'en préoccuper, et quand on ne l'a pas… on s’en fout d’être fou !

-Évidemment, vu de ce point de vue, lui répliqua Marcus... En passant, pourrais-je savoir pourquoi vous êtes dans un pot ? Vous, vous êtes planté ?

-Oh non ! N’ayez crainte, je n’ai pas été semé par l’incompétence. Si je fais de la plante, c’est en raison de mes fonctions monastiques. Outre la cueille des visiteurs, je m’occupe de l’approvisionnement des imprimantes et des dessinscopieur (les coriquiens n’avaient pas encore découvert la photographie) en feuilles autorecyclés. Je suis un bureaucrate à feuillage persistant. On utilise mes services pour les rapports les plus poussés, ceux que produisent les fonctionnaires qui veulent monter en graine. Mais je ne suis pas ici pour m’effeuiller. Alors, que puis-je faire pour vous ?

-Eh, bien voilà, lui répondit Marcus, nous aimerions vous emprunter un psychiatre assez fou pour traiter notre IA.

-Oh ! Si ce n'est que cela, répliqua Laplante (c’était évidemment le nom du fonctionnaire), vous n'avez qu'à vous servir. Justement, en parlant du fou...

Il s'interrompit alors et leur fit signe de le suivre. Il les emmena près d’un homme  assis par terre, vêtu d’une robuste camisole attachée sur le devant, et qui lui entravait les bras par derrière...

-Voilà justement un de nos plus éminents psychiatre. Vous êtes chanceux, il est disponible : les infirmiers viennent juste de lui passer sa camisole de force...

-Vous mettez des camisoles de force à vos psychiatres ?

-Uniquement aux meilleurs, pour les médiocres une dose de sédatif suffit. Vous pouvez le prendre si vous le voulez, vous n'en trouverez pas de meilleur dans son domaine. De toute façon, si c'était le cas, il ne vous serait pas très utile...

-Pourquoi ?

-Parce qu'alors, en plus de la camisole, nous lui aurions mis une muselière... Vous n'avez pas idée comment ils peuvent être épuisants quand ils essaient psychanalyser tout ce qui passe… ils ont l’Œdipe agressif !

Marcus et ses commandés jugèrent plus sage de ne pas commenter. Les commandés chargèrent donc le psychiatre sur leurs épaules, et ils s'en furent, satisfaits d'avoir accompli la première partie de leur mission...  



mardi 10 septembre 2019


Un titre 34 
Le retour au temps perdu, dans l'espace bien loin d'ici. 
Seizième épisode

Des paradis communistes et des arènes sablonneuses.


Quand ils quittèrent la princesse Alberta et son jardin d'Éden (l’oasis charnel du désert libidineux) Georges et Menaud partirent vers l'est...

Ils allaient donc à l’est d’Éden en mâchonnant les raisins de leur colère de ne pas avoir plus de contrôle sur les fluctuations quantiques issus du cerveau de Georges, quand ils prirent conscience que l’est vers lequel il se dirigeaient était celui des pays du bloc qui l’est, au temps où ils ne jetaient pas de lest sur le plan idéologique : l’époque des noirs complots du régime amaigrissant (pour ses opposants) soviétique… ils étaient passés du Jardin d’Éden au paradis communiste !

Il est parfois de bien sombres chemins dans un trou noir.  

Ce passage à l’est communautaire fit en sorte qu’il se retrouvèrent entre les mains des membres du parti de Staline, ces maints communistes qui étaient les organes préhensiles de cet état méfiant envers les transfuges de l'Ouest, qu’il considérait systématiquement comme des transfusions de mauvais sang (pour eux, d’ouest en est était une transfusion de mauvais sens). Légèrement tout à fait paranoïaque, ces maintes mains communistes considéraient tous les occidentaux (et les occidentards) qui venaient à eux, comme des espions westerns, en particulier quand ils apparaissaient de nulle part au milieu d’un nuage quantique. Ils les avaient donc moissonnés lors de leur apparition virtuelle (avant qu’ils ne puissent semer leurs graines de dissidence ouestie) pour les inviter dans un de leur tout inclus sibérien.

Georges et Menaud chuchotaient dans la cellule de leur hôtel de plus de 5 étoiles (on en voyait un paquet par les trous du plafond) afin que leurs GO (Gentil Oppresseur) du KGB ne les entendent pas. Ils avaient compris que ces charmants tueurs sans âme qu’étaient leurs cerbères (les mauvaises langues diront qu’ils étaient des cerbères décérébrés), avaient une entente limitée pour la liberté d’expression.

-J’ai essayé d’influer sur le trou noir, mais je pense que cela n’a pas très bien fonctionné, murmura Georges.

-Où donc as-tu essayé de nous envoyer ?

-Quand j'ai senti que nous transitions de virtualité, je me suis dit que ce serait bien de se retrouver entre les mains d'une communauté accueillante, susurra à son tour Georges...

-Il faut voir le bon côté des choses, nous avons été accueillis au sein d’une communauté, mais qui n’est pas accueillante… C’est cinquante pour cent de réussite… Tu devrais peut-être refaire un essai, dit Menaud après une courte pause, provoquer un nouveau changement de décor virtuel. Essaie de nous envoyer sous des cieux plus cléments, nous renvoyer dans les sables bitumineux d’Alberta par exemple…

-Oui, s'encouragea Georges, je me concentre sur un lieu accueillant de sable et de soleil.


Et comme il terminait sa phrase, l’univers se mit à fluctuer. Ils entendirent alors les voix annonciatrices d’un soubresaut cantique… et ils chantèrent de réalité ! Quand ils virent le sable sous leur pied et le soleil au-dessus de leurs têtes, ils crurent que c’était cela. Mais quand ils virent les barreaux de la cage dans laquelle ils étaient enfermé, ils décrurent dans leurs espoirs que ce soit cela…

Ils étaient passés de Charbyde au pays de Sylla !

-Tu as fait des progrès, nota Menaud. Il y a bien du sable et du soleil, même si nous sommes dans une cage pas très accueillante.

-Oui deux sur trois, ce n’est pas si mal, c’est la note de passage…

-Mais pas de passage virtuel malheureusement !

Leur discussion d'avocat (entre gens du barreau), fut interrompue par un voisin de cellule, ce qui en fit une communication cellulaire.

-Bonjour, leur dit-il.

-Bonjour à vous lui répondit Georges. Auriez-vous l’amabilité de nous renseigner sur ce qu’est cet endroit et ce que nous y faisons. Nous venons d’arriver et nous sommes encore un peu confus.

-Eh bien, laissez-moi vous déconfuser. Vous êtes ici dans l’arène du cirque Maximus, où vous aurez la joie de vous faire étriper par moi et mes amis gladiateurs, aussitôt que les gardes ouvriront nos cages !

Georges et Menaud remarquèrent alors les soixante-dix mille spectateurs dans les gradins qui hurlaient pour réclamer des jeux et du sang…

-En passant, reprit alors leur voisin unicellulaire (il était seul dans sa cage). Je me présente : Spartacus...



lundi 19 août 2019


Les containers de l’éternité…












Les containers sont contents,
Qu’au sein de ce Laurent,
Ils puissent aller indolents,
Le ventre plein des choses de ce temps.





Les oiseaux effleuvent les vagues,
Entre ces cargos d’autres rivages,
Ils sillonnent l’estuaire qui divague,
En la vallée Lauranesque sans âge.




Ils n’ont de concurrents que les baleines,
Ces paquebots de marchande haleine,
Quand ils voguent sur ce fleuve de plaine,
Où dorment les souvenirs de terres lointaines.




Ils vont et viennent entre les rêvages
Des côtiers qui les observent au large,
Ils emportent leurs cœurs loin de ces plages,
Qu’ils abandonnent dans leur sillage…