Les barres parallèles…
Chapitre 17
Des colles d’école, et de l’espace où on manque d’espace.
En décollant dans leur fusée infusée de gouttes de liberté, les
Spartakiens s’étaient décollés du mois de colle dont les avait sanctionnés les
dirigeants de la planète des écoles. Ils avaient été retenus en retenue par la
glue éducative du préfet de discipline, (colleur en chef, on disait aussi de
lui qu’il était colleur d’affiches (il avait des fiches pour chaque étudiant)).
Les Spartakiens avaient donc pris leur envol dans un vaisseau autobus-volant
volé. (Il est vrai que cette envolée littéraire vole bas, mais l’humour au ras
des pâquerettes me fait une fleur quand je l’effleure). Ils l’avaient emprunté (sans
intérêt, si ce n’est celui d’utiliser l’emprunt) à leurs dogues pédagogues. Privés
de prison, ils étaient libres de foncer vers le Spartacus, leur vaisseau
spatialisé (dans l’étude de l’espace) qui était resté en orbite stationnaire (s’ta
sion air qu’on le reconnaissait). Grâce à la technologie scholastique qu’ils avaient
emprunté (sans intérêt, même s’ils avaient intérêt à l’utiliser pour s’enfuir)
à leurs geôliers, ils purent, comme une truite de mauvaise humeur, se décrocher
du filet (de protection scolaire) qui les retenait. Décrochage qui fit d’eux
des décrocheurs stellaires (mais qui ne décrocheraient pas les étoiles).
Ils s’en furent (et s’enfuirent) donc vers un ailleurs peut-être
meilleur. Cela allait dépendre de la suite qui ne viendrait qu’après (la suite
qui s’ensuit de ce qui l’a précédé). Ils ne savaient pas qui présiderait
ensuite (en suite présidentielle ?) à leurs destinées. Perplexes devant cet
avenir complexe (Com Plexe étant le fils du Père Plexe), ils attendaient dans
l’expectative (et dans le Spartacus) la suite de cette histoire. Ils ignoraient
que des forces invisibles agissaient dans les coulisses : des coulissiers imberbes
(ils avaient le cou lisse) colistiers électeurs ((du parti pris de l’électorat parti
en peur) (et du lectorat pas encore parti, j’espère)), amateur de trombone (à
coulisse) qui œuvraient en colisse (oups, j’ai oublié le u)) pour emmener cette
histoire vers son destin. Ces puissances de l’ombre, qui avaient échappé à mon
attention, me surprirent. Mais l’écrivain en vain (et en vin) que j’étais,
allait désormais pouvoir s’inspirer de cette destination (la nation du destin)
sur laquelle régnaient Inat Tendue et son cousin Inat Tention…
Avec cet agent secret du destin (l’agent secrète les destins), nous
convînmes d’un commun désaccord (mais avec des accords communs), de conduire les
Spartakiens, vers une zone de Lavoie lactose qui leur était inconnue. Moi-même
j’ignorais son existence avant de la créer. C’était un secteur peu fréquenté
que celui de la couche du lait à crème, un endroit où s’accumulait la matière
grasse du petit laid des paresseuses galactiques, (ou l’affreux produit laitier
nain des vaches de l’espace). Outre le gras pas pasteurisé (on avait toujours cru
au lait cru dans ce coin), l’endroit à l’envers était jonché de débris, de
détritus et de saletés diverses très encombrants, qui provoquaient un manque d’espace
dans l’espace pour circuler spacieusement…
Pour les voyageurs qui d’aventure s’y aventuraient, il était
compliqué d’y déambuler sans prendre de virages ambulatoires (quand on manquait
des détours, on faisait des tours d’ambulance). La limite de vitesse y était de
deux années-lumière à l’heure. Les vaisseaux de livraison étaient tellement retardés,
qu’ils en devenaient des vaisseaux sans gains (pas de pourboires et des comptes
dans le rouge). Pour éviter l’envasement (l’envahissement de la vase) les passades
(ceux qui passent et ne reviennent pas) devaient avoir un pilote élitique (mais
pas éthylique) aux commandes de leur vaisselle (féminin de vaisseau). Ce qui n’était
pas du tout le cas du Spartacus et de son équipage, qui n’avait comme pilote que
HAL, leur IA citronnée (un citron pressé d’arriver est toujours imprudent) qui
les conduisit directement dans la fange foncée, où il les enfonça. Par cette
défonce, les Spartakiens se retrouvèrent englués dans des reliefs d’ortolan (au
ras des villes, les rats décents refusent de se gaver de petits oiseaux des champs).[1]
Pris dans un monceau dégoulinant de reliefs sans relief, ils n’avançaient
pratiquement plus (ou abstraitement moins). Devant la gravité de la situation, il
fut décidé de convoquer la crème de l’équipage à une réunion. Il y avait les crémeux
convoqués, et les écrémés révoqués. Les crémeux cons évoqués se réunirent pour
débattre de leurs options, tandis que les crémeux révoqués se firent cons
vaquant (et pas très convaincant).
-Alors voilà la situation, situa le robot relationnel de HAL.
Nous sommes englués, et les moteurs ne parviennent pas à nous désengluer. Si
nous ne parvenons pas à nous dégueuler de ce piège de dégueulis gluants, les
excréments vont finir par s’insinuer dans le vaisseau.
-Crottes alors ! S’exclama Soda…
-Effectivement, reprit Hal. Mais ce sera plutôt crottes à bord !
Mes filtres extérieurs tiennent encore le coup, mais…
-Et comment on fait pour s’arracher de là ?
-À l’appel de la pioche, intervint Geoges Two, en se tournant
vers la conseillère scientifique.
-Oui Georges, à la pelle et à la pioche, répondit Marie l’officière
scientifique. À la pelle et à la pioche, supervisé par la Curie scientifique, dont
je suis l’unique membre…
[1] Autrefois le Rat de ville, Invita le Rat des champs, D'une
façon fort civile, A des reliefs d'ortolans.

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