Les barres parallèles…
Chapitre 20
Des ordinateurs sous-traitants, et des rumeurs enrhumées.
HAL s’était fait planter par
la plante grimpante d’hostiles intentions et d’envahissante humeur. Pour ha ha HAL (un drôle de numéro ce HAL),
c’était une première d’être victime de ce type d’invasion écologique par son
environnement immédiat (une bourbe due à sa bourde de pilotage les avait piégé).
L’envahisseuse arboricole, dont l’arbre généalogique s’enfonçait dans un fumier
immémorial, voulait faire du Spartacus un vaisseau vassal. Les membres de
l’équipage deviendraient alors ses vassaux du vaisseau épris de sa vase…
L’invité inattendu s’était invité dans les méandres du vaisseau,
et il s’y étendait en tous sens, sans dessus dessous (s’il y a un trésor au
sous-sol, on n’est pas déçu du dessous) et en tous sens. Ses vertes branches s’étaient
insinuées subrepticement dans les moindres recoins de l’appareil. Elles
s’étaient incrustées jusqu’au sommet de l’appareil (ou le semblable) sans avoir
de vertiges, mais à l’aide de ses vertes tiges.
Il s’était même faufilé jusqu’aux arcanes secrètes du Spartacus, là où l’art
canne les couloirs secrets pour qu’ils soient empotés par les envahissaux du
vaisseur (ou vice se versa dans les terminaisons). La hisseuse envahissante (elle monte, elle
monte la plante grimpante) dans son effort criait oh hisse, on hisse (cri
d’effort, mais pas des forts). La plante escalatrice s’incrustait grâce à la vase
tisseuse qui dégoulinait dans les vaisseaux sanguins, (sans marchandise à
vendre, il était sans gain le vaisseau.) Ces ramifications importunes affectaient
les circuits de l’IA : elles se ramificationnaient (le verbe qui
n’existait pas vient de naître sous nos yeux émus, la « ramification nait »
du néant, et il vaut 19 points au scrabble contre 14 pour ramifiait) un peu
partout.
Ce n’était pas parce que le développement de la plante viagère (une
vie à gérer est une vie à gère) allait croissant, qu’elle croissait sans
complexe (et sans confiture). La plante avait crû (l’eusses-tu cru ?) jusqu’au complexe
informatique du vaisseau, là où se trouvait le processeur possesseur du
synthétiseur vocal. C’étaient les haut-parleurs parlant d’ordinaires ordinateurs
au service de HAL. C’était ce subalterne processuel consensuel (la rime est
utile quand on arrime deux mots ensemble) qui donnait forme aux messages de
l’IA, il était un sous-traitant de ses fonctions linguistiques. C’était moins compliqué de sous-traiter les
vocables verbeux, que de les traiter saoul (question d’éviter à HAL une
élocution pâteuse). Mais pour l’instant et pour le lecteur, il faut savoir que
cet ordinant ordiné ayant comme fonction de porter la parole de l’IA était sur
le point de sombrer dans un mutisme végétal. C’est alors que des murs et du
plancher retentit un cri tonitruant (même s’il n’a jamais été prouvé que Tony
était un truand…)
-SALUT LES COPAINS ! Tonitrua le crieur.
JE VOUS AI MANQUÉ ?
HAL venait de prouver que les rumeurs de sa mort étaient
nettement exagérées. Le ressuscité put (mais il ne puait pas, sa décomposition
avait été annulée à la suite des exagératives conclusions de l’auteur (n’hésitons
pas et avouons-le : l’auteur n’avait pas été à la hauteur)) mettre fin aux
rumeurs, mais pas aux rhumes algorithmiques de son corps informatique. Mais il
était vivant, et de ce fait on pouvait dire que les rumeurs s’étaient enrhumées.
Même s’il était en possession moyenne de ses moyens, il en eût suffisamment pour
reprendre le contrôle, à la surprise (et ce n’était pas une surprise partez) du
groupe d’intervention. Marie de la Curie (la curie des officiers scientifiques
dont elle était le seul membre) lui demanda comment il avait fait pour revenir
aux commandes…
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| Les rumeurs enrhumées |
-Oh ! Répondit-il, j’ai
pris le contrôle en alternance avec le délite (ctrl alt delete pour les profanes
(et pas les pros fans) d’informatique), ce qui m’a permis de faire un reboot régénérant
de mon système, et d’absorber une grande partie de la plante alien qui m’aliénait
(c’est bien connu que les aliens aliènent) pour s’insinuer dans les systèmes commandant
le vaisseau. Elle essayait de prendre le contrôle de mes commanditaires…
- Les commanditaires ? lui
demanda Marie l’officière scientifique pas impatiente (les scientifiques sont
patients, mais ils n’aiment pas la patience, ils la considèrent comme de la pas
science).
-Il est certaines commandes
qui ne peuvent qu’être dites, c’est pourquoi on les appelle les commandes dites
!
-Mais c’est une prise de
contrôle partielle. Tu l’as seulement tassé, tu ne l’as pas éliminé… Laplante va
sûrement revenir ! répliqua Marie avec un scepticisme antiseptique (ses doutes
étaient aseptisés par une dose massive de certitudes désinfectantes).
-Impossible. Je suis plus
fort que lui et je vais… Scrunch
Bzzzboui…
Alors que les
expéditionnaires se demandaient ce qui arrivait à leur IA, elle reprit la
parole, et ils comprirent que ça n’allait pas bien du tout…
-Je suis votre nouvelle
intelligence artificielle, veuillez déposer vos armes et votre dévotion à mes
pieds…

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