mercredi 8 avril 2026

 

Les barres parallèles…

Chapitre 18

Des scaphandriers laboureurs, et des cons s’il y a bulle…

 

Le Spartacus était embourbé dans un cloaque de lait sûr (ce l’est sûr que c’était un cloaque, ce bourbier de barbouzes (même s’ils n’avaient pas le bourbier secret, ces agents qui étaient supposés de l’être (sans le néant)) qui se trouvaient dans un coin perdu de la voie allaitée. S’ils avaient pris cette voie, c’était à la suite de la fausse note d’une voix qui ne chantait pas. Fausse note qui les avait envoyés dans le champ, mais qui du coup les avait envoyés hors du chant, ce qui les avait fait déchanter. La fausse voie issue de la voix fausse, les avait conduits dans une fosse à purin. Et cette fausse note (pas de service) était le fait d’un faussaire membre à part entière du Spartacus, comme le découvrirait plus tard son équipement humanoïde.

L’équipage était donc descendu dans cette fosse septique (moins sceptique quand ils eurent les deux pieds dedans) pour extirper le vaisseau de cette fange de putrides exactions (yeurk !). Cependant ils allaient en arracher pour arracher le vaisseau mère (et non le vaisseau merde) de son lit d’immondices (reyeurk) et de gadoue (même s’ils étaient des gars durs). Le travail n’avançait pas rapidement (le travail avance ou on avance le travail ?). Équipés en scaphandrier (quand le scaphandre y est), ils avaient les mouvements restreints et la tâche astreignante. Ils ne peinaient pas de la peine qu’ils avaient, mais de la peine qu’ils enduraient : c’était une peine pleine d’amertume et de sueurs dégoulinantes (rereyeurk).

Quand ils furent à la moitié de leur désembourbage, les astronautes (dont la maxime était : les astres aux nôtres) avaient extrait quantité de boue. Ils avaient bouée près de trois tonnes de bourbes, et ce sans que nul ne boude ce dur labeur d’abousés abusés. C’est alors que survint un revers du destin sans dessein. Comme à l’imprévu nul n’est tenu, ils se surprisèrent (contraction de pris par surprise) de cette interruption de condition limitative (pas de limites actives) qui provoqua des dysfonctionnements fonctionnels. En fait dans les faits (ou en effet pour les puristes), le vaisseau maire avait fait une fausse note de service à la suite d’une occupation étrangère. L’IA avait régressé au stade anal, ce qui n’était pas surprenant compte tenu de là où ils étaient. Revenu en enfance, l’affecté IA (inintelligence activée) avait désaffecté la compréhensibilité dans les communications avec son équipage de bouseux désabusés.

Pas contents de ce contretemps (c’est con le temps), ils firent un conciliabule (c’est con le temps, mais c’est seulement con s’il y a bulle (au cerveau de préférence)). Après ce court liabule (ou concis liabule) la majorité retournèrent à leur labeur de laboureur, tandis que la conseillère scientifique de la curie, Marie, accompagnée de Soda et de quelques autres inutiles -figurants qui se figuraient être des figures de proue (proue importait qui ils étaient), mais qui n’étaient que des cas de figures (ou des figurants défigurés ?)- organisaient une équipée à bord du Spartacus afin de découvrir ce qui s’y passait.


   


L’IA était-elle devenue une simple IA (intelligence amputée) parce qu’elle s’était fait posséder par une autre IA (Intelligence Alien) ? Là était peut-être la question, mais le là en question n’était pas là où ils étaient, mais là où ils allaient (je commence à être las de répéter des là, là !). Ils devaient aller y voir, parce que tant qu’ils n’y seraient pas étés, ils ne sauraient pas venus. Ils partirent donc pour se rendre dans les antres (encore fallait-il qu’ils y entrent) du vaisseau spatial…Ils passèrent par le sas extérieur afin d’intérioriser le vaisseau. Le sas en question était un criblage atmosphérique manuel, qui n’était pas relié à HAL. Ils purent l’emprunter pour se rendre (sans pour autant le rendre) dans le vaisseau, sans que celui-ci ne s’en rende compte (et ne fasse de compte-rendu). Une fois à l’intérieur, ils y purent aller fouiner. Mais ce qu’ils y fouinèrent leur coupa les jambes : ils se retrouvèrent par terre, atterrés par ce qu’ils avaient découvert…

mardi 31 mars 2026

 

Les oiseaux du Bar de la Mer…

 

Les oiseaux au Bar de la Mer,

Réclament à grand cri un dernier ver.

Ce sont des mouettes pas si rieuses,

Ces volatiles d’identités douteuses…[1]


Au buffet d’un tout-exclus mal climatisé,

Ils recueillent les fruits de l’amer pollué,

Ils sont les clients de privilèges hasardeux,

De ces hôtes du climat chaleureux…



















Sur les plages aux coquillages plastifiés,

Où vont et viennent les vagues marées,

Ils se prélassent les ailes alanguies,

Ces touristes sans frontières ni pays.


De l’hôtel aux rivages éphémères,

Les oiseaux repartiront un soir d’hiver,

Il ne restera de leur séjour d’estivant,

Que des plumes emportées par le vent…





[1] Mouettes, ou goélands ?


mercredi 18 mars 2026

 Le funambule sur un fil à faire…

 

Je marche sur un fil de fer,

Au-dessus d’un univers avide,

J’ai l’équilibre précaire,

Sur cette corde aux fibres fugitives…

 

Je suis un funambule à l’envers,

Aux pieds attirés par le vide.

Un acrobate au vertige pervers,

Qui se méfie de ce monde aride...


Si je vais à ces hauteurs délétères,

Sur un fil qui de toutes manières vibre,

C’est par espoir que dans l’éther,

L’atmosphère soit moins putride…          

Je funambulise loin de la terre,

Sur ma ficelle pas si rigide,

C’est un fil qui reste à faire,

Une route qui oscille vers l’avenir…



mercredi 11 mars 2026

jeudi 26 février 2026

La marée des rêves.

 

























Quand la marée s’échoue sur mon rêvage,

Elle en bouleverse les sons et les images,

Ce sont les écueils de ses derniers passages,

Des récifs murmurés par les ombres de la nuit…

 


La vague qui effleuve mon utopique réalité,

Y dépose de vagues coquillages d’altérité.

Ils ont fui de la mer ces présents de mon passé,

Pour s’incruster dans le sable de mon identité.

 


La déferlante divague sur ma plage chimérique,

Des discours qui n’ont de sens qu’au littoral onirique.

Les dires de ces lames aux chimères fracassantes,

Me laissera sur la grève d'une réalité qu’apparente…


dimanche 1 février 2026

 

Les barres parallèles…

Chapitre 17



Des colles d’école, et de l’espace où on manque d’espace.

 

En décollant dans leur fusée infusée de gouttes de liberté, les Spartakiens s’étaient décollés du mois de colle dont les avait sanctionnés les dirigeants de la planète des écoles. Ils avaient été retenus en retenue par la glue éducative du préfet de discipline, (colleur en chef, on disait aussi de lui qu’il était colleur d’affiches (il avait des fiches pour chaque étudiant)). Les Spartakiens avaient donc pris leur envol dans un vaisseau autobus-volant volé. (Il est vrai que cette envolée littéraire vole bas, mais l’humour au ras des pâquerettes me fait une fleur quand je l’effleure). Ils l’avaient emprunté (sans intérêt, si ce n’est celui d’utiliser l’emprunt) à leurs dogues pédagogues. Privés de prison, ils étaient libres de foncer vers le Spartacus, leur vaisseau spatialisé (dans l’étude de l’espace) qui était resté en orbite stationnaire (s’ta sion air qu’on le reconnaissait). Grâce à la technologie scholastique qu’ils avaient emprunté (sans intérêt, même s’ils avaient intérêt à l’utiliser pour s’enfuir) à leurs geôliers, ils purent, comme une truite de mauvaise humeur, se décrocher du filet (de protection scolaire) qui les retenait. Décrochage qui fit d’eux des décrocheurs stellaires (mais qui ne décrocheraient pas les étoiles).

Ils s’en furent (et s’enfuirent) donc vers un ailleurs peut-être meilleur. Cela allait dépendre de la suite qui ne viendrait qu’après (la suite qui s’ensuit de ce qui l’a précédé). Ils ne savaient pas qui présiderait ensuite (en suite présidentielle ?) à leurs destinées. Perplexes devant cet avenir complexe (Com Plexe étant le fils du Père Plexe), ils attendaient dans l’expectative (et dans le Spartacus) la suite de cette histoire. Ils ignoraient que des forces invisibles agissaient dans les coulisses : des coulissiers imberbes (ils avaient le cou lisse) colistiers électeurs ((du parti pris de l’électorat parti en peur) (et du lectorat pas encore parti, j’espère)), amateur de trombone (à coulisse) qui œuvraient en colisse (oups, j’ai oublié le u)) pour emmener cette histoire vers son destin. Ces puissances de l’ombre, qui avaient échappé à mon attention, me surprirent. Mais l’écrivain en vain (et en vin) que j’étais, allait désormais pouvoir s’inspirer de cette destination (la nation du destin) sur laquelle régnaient Inat Tendue et son cousin Inat Tention…

Avec cet agent secret du destin (l’agent secrète les destins), nous convînmes d’un commun désaccord (mais avec des accords communs), de conduire les Spartakiens, vers une zone de Lavoie lactose qui leur était inconnue. Moi-même j’ignorais son existence avant de la créer. C’était un secteur peu fréquenté que celui de la couche du lait à crème, un endroit où s’accumulait la matière grasse du petit laid des paresseuses galactiques, (ou l’affreux produit laitier nain des vaches de l’espace). Outre le gras pas pasteurisé (on avait toujours cru au lait cru dans ce coin), l’endroit à l’envers était jonché de débris, de détritus et de saletés diverses très encombrants, qui provoquaient un manque d’espace dans l’espace pour circuler spacieusement…



Pour les voyageurs qui d’aventure s’y aventuraient, il était compliqué d’y déambuler sans prendre de virages ambulatoires (quand on manquait des détours, on faisait des tours d’ambulance). La limite de vitesse y était de deux années-lumière à l’heure. Les vaisseaux de livraison étaient tellement retardés, qu’ils en devenaient des vaisseaux sans gains (pas de pourboires et des comptes dans le rouge). Pour éviter l’envasement (l’envahissement de la vase) les passades (ceux qui passent et ne reviennent pas) devaient avoir un pilote élitique (mais pas éthylique) aux commandes de leur vaisselle (féminin de vaisseau). Ce qui n’était pas du tout le cas du Spartacus et de son équipage, qui n’avait comme pilote que HAL, leur IA citronnée (un citron pressé d’arriver est toujours imprudent) qui les conduisit directement dans la fange foncée, où il les enfonça. Par cette défonce, les Spartakiens se retrouvèrent englués dans des reliefs d’ortolan (au ras des villes, les rats décents refusent de se gaver de petits oiseaux des champs).[1]

Pris dans un monceau dégoulinant de reliefs sans relief, ils n’avançaient pratiquement plus (ou abstraitement moins). Devant la gravité de la situation, il fut décidé de convoquer la crème de l’équipage à une réunion. Il y avait les crémeux convoqués, et les écrémés révoqués. Les crémeux cons évoqués se réunirent pour débattre de leurs options, tandis que les crémeux révoqués se firent cons vaquant (et pas très convaincant).

-Alors voilà la situation, situa le robot relationnel de HAL. Nous sommes englués, et les moteurs ne parviennent pas à nous désengluer. Si nous ne parvenons pas à nous dégueuler de ce piège de dégueulis gluants, les excréments vont finir par s’insinuer dans le vaisseau.

-Crottes alors ! S’exclama Soda…

-Effectivement, reprit Hal. Mais ce sera plutôt crottes à bord ! Mes filtres extérieurs tiennent encore le coup, mais…

-Et comment on fait pour s’arracher de là ?

-À l’appel de la pioche, intervint Geoges Two, en se tournant vers la conseillère scientifique.

-Oui Georges, à la pelle et à la pioche, répondit Marie l’officière scientifique. À la pelle et à la pioche, supervisé par la Curie scientifique, dont je suis l’unique membre…



[1] Autrefois le Rat de ville, Invita le Rat des champs, D'une façon fort civile, A des reliefs d'ortolans.

mardi 13 janvier 2026

 

Ces années que nous avons fait vieillir ensemble.

(Pour Sylvie…)

 

Ces années que nous avons fait vieillir ensemble,

Dans des fûts sans chaîne, exemptes des convenances,

Elles ont pris les arômes de nos jours et de nos semaines,

Le goût boisé du temps qui passe, et que le ferment ramène…      













 

Il n’y a de grands crus que ceux que nous croyons,

Qui murissent de notre quotidien, au fil des saisons,

Dans leurs barils, ils s’aromatisent de nos passions,

Se parfument en harmonie, de nos odeurs d’irraison.

 


















Elles furent embarriquées, abritées de l’air du temps,

Ces années que nous ne voulions voir s’oxyder indument.

Nous les avions voulus unique ces moments d’éternité,

Ces fruits de la vigne, cueillies à des instants partagés...

 

Le vin du temps qui passe apaise nos cœurs fatigués,

Il enivre notre amour, qui ne s’est jamais épuisé.

Et lorsque paraîtra le dernier moment du jour,

Il nous endormira enlacés, dans un rêve sans retour…