vendredi 22 février 2019


L’hiver qui m’abandonne





J’aime mieux l’hiver qui abandonne,

Que la neige qui déraisonne :

C’est un traitresse saison

Qui ne m’ensevelit pas dans ma maison !








Je préfère les gratteux de Loto-Québec,

Aux grattes à longs becs :

Je n’y gagne peut-être pas souvent,

Mais je ne m’y éreinte pas tout le temps !



 


Le froid qui gèle est du mauvais cannabis

Quand il envoie le mercure au fond des abysses…

L’hiver est un striptease climatique,

Qui déshabille le réchauffement subarctique.




J’aime mieux les tempêtes asthmatiques,

Que les blizzards apocalyptiques :

Quand Éole a le souffle court,

Il y a moins de bordel dans ma cour !





J’ai la pelle au bord du gouffre,

Je suis las de l’hiver qui fait de l’esbrouffe,

J’aimerais mieux qu’il trahisse ses convictions,

Et m’abandonne à une autre saison !


jeudi 14 février 2019

Croque-vie décembre 2018, Varadero, Cuba.
(Deuxième partie)



Dans les ruelles de la ville au soleil qui ensommeille, les habitants se hâtent avec lenteur vers leurs destinations. Ils ont l'heur d'avoir l'heure à géométrie variable : ils vont avec la ponctualité des enfants qui roulent sans bicyclette,
vers qui les attends  ! 

















Leurs vélos ne sont pas véloces, ils y pédalent au rythme des Caraïbes. Les roues des bicyclettes  font plus de détours que de tours, quand pour le pédaleur... le chemin  importe plus que la destination !













Et quand ils bagnolent leurs déplacements, ils les roulent dans les paquebots de ceux qui les roulaient à une autre époque : les vestiges d'un passé révolutionné !



jeudi 7 février 2019



Un titre 34 

Le retour au temps perdu, dans l'espace bien loin d'ici. 

Quatorzième épisode 


Des plaines qui désertent, et des déserts qui émoustillent.



(Dans le trou noir virtuel…)



Quand le général se fut présenté à Georges et Menaud, voyageurs particuliers (particulièrement chanceux de s’être tirés indemne des flèches tirées par les indiens) de cette singularité (ils y étaient particulièrement singuliers), Georges se dit que de se retrouver sous la protection de Georges Armstrong Custer à la veille de la bataille de Litle Big Horn n’était peut-être pas la meilleure façon d’éviter de s’y faire massacrer. Quand Menaud lui demanda ce qui le tracassait, il lui expliqua ce qu’il en était en général de ce général, et de la bataille à venir (mais sans avenir pour ceux qui allaient y périr). Menaud, inconscient qu’il était de la situation précaire qui était la leur (sa planète n’ayant pas vécu de guerres indiennes, il ignorait tout du sens des flèches) en devint conscient au fil des explications de son capitaine.



-Nous ne sommes pas vraiment au bon endroit au bon moment, conclut-il des explications de Georges. Il serait peut-être opportun de quitter l’armée de ce général avant qu’elle ne soit désarmée définitivement.



-Il vaudrait mieux cesser d’en disserter, et déserter le plus vite possible…



-Oui, lui répondit Georges, allons-y sans attendre. Il n’y a pas de temps à perdre, et… (Mais le déserteur en chef ne termina pas sa phrase, son attention soudain attiré par le Général Custer). Vous ne trouvez pas que le général et son cheval sont bizarres ?



Menaud se retourna pour observer le Custer en partance, et fût étonné en regardant le massacré en puissance (puissance qui se transformera en impuissance lors dudit massacre).  Il eût la surprise de constater que le général futur vaincu avait vécu : il n’était plus !



Quant à son cheval, il était devenu un chameau…



Mais ce n'était pas les seuls différents que ses sens enregistrèrent d’avec le réel d’avant : la plaine n'était plus pleine... elle était déserte !



-Finalement nous n’aurons pas à déserter, dit Georges, il semble que ce soit le désert qui soit venu à nous... 



Ils étaient en effet maintenant perdus dans le désert des Sébastes. (Ils ne le savaient pas encore, mais ils s’y trouvaient… même s’ils ne s’y retrouvaient pas !) Ce déserté de toute végétation était celui d’Alberta, la reine Sébastienne. C’était un erg aux sables libidineux, qui avaient la particularité de s’insinuer insidieusement par les pores de la peau, pénétrant tous les orifices pour venir doper la production de dopamine du cerveau. Cette pénétrante stimulation libidineuse induisait une luxuriance fantasmatique dans les neurones, qui résultait en une éjaculation projective créatrice : elle faisait apparaître des mirages d’oasis sensuels au sein du désert (sein que l'on aurait volontiers caressé s’il se fût trouvé à portée de main).



Et comme on se trouvait dans une réalité virtuelle, les images qui venait de naître de l’esprit de Georges et Menaud passèrent de la virtualité à la réalité.



Ils allaient donc vers un de de ces havres mamelonnés, leurs libidos exacerbées par les graines (de sable) libidineuses du désert.



Mais ils n’avaient pas qu’une soif égrillarde à satisfaire. Si leurs pensées étaient gorgées de pensées libidineuses, ils n’en étaient pas de même de leurs corps : si leurs imaginations s’étaient désaltérés d’érotisme, leurs gorges étaient trop profondes pour s’abreuver de l’aridité désertique ...



Heureusement, quand ils atteignirent la palmeraie égrillarde, ils purent étancher leur sécheresse géorgienne (d’une région pleine de gorges : la Géorgie en regorge paraît-il) et leur concupiscence. Ils étanchèrent dans la lagune de l’oasis pour l’une, et entre les chairs accueillantes d’Alberta pour l’autre (la princesse du Sébaste se faisait un devoir d’accueillir entre ses formes généreuses, les égarés libertins qui empruntaient la piste du désir en son désert).




Après les torrides ébats, vint le moment des calmes débats.



-Pourquoi donc ce pays désertique est-il appelé celui du Sébaste, princesse ? Demanda Georges à ladite royauté vautrée à ses côtés.



-Parce qu'en virtualité spatio-temporelle, il se peut qu'un pays qui est un immense désert tirent son nom d’un poisson, alors qu’il n’en contient aucun en son sein (désertique). Dans ces univers, le paradoxe est un art consommé sans modération, ajouta la royale Sébastienne après un court moment de réflexion (dans un miroir, elle adorait réfléchir à son image).



-Pardonnez-moi princesse, intervint alors Menaud, mais comment se fait-il que vous vous sachiez dans la virtualité de cet endroit singulier. En faisant partie, vous ne devriez pas ne pas être en mesure d’en saisir le Tout...



-C'est que je suis un élément singulier de cette singularité. Je donne dans la démesure depuis que j'ai eu la grippe, lui rétorqua la monarchie prélassée sous les palmiers enlacés (les arecs étant des créatures sensibles, les activités polissonnes de leur souveraine stimulaient leur volupté végétale, et les entraînaient dans des enlacements tout à fait coquins). Lorsque je fus grippé, je me mis à tousser, et ce fût lors de ces expectorations que j’eu accès au Tout.



-Oh ! Si je comprends bien, dit Menaud à l'altesse voluptueuse, l’atout que vous eûtes pour comprendre le Tout, fut la toux que vous fûtes.



-Voilà, reprit la royauté pornographique, vous avez compris, et moi je l'ai fait au moment de cette épisode de la Toussaint, cette toux qui m'a révélé la sainteté du Tout.



Les deux voyageurs de la virtualité entreprirent alors d'interroger la royale débauchée qui savait tout du Tout, afin d'en apprendre suffisamment pour avoir un atout dans leur jeu, et ainsi ne pas se retrouver avec rien du Tout lors de leurs pérégrinations quantiques qui les mèneraient sans doute un peu partout...



-Ce qui importe, leur dit-elle, est que vous sachiez que dans la singularité, toutes les réalités que vous rencontrerez proviendront du cerveau de Georges, parce que c'est par lui que la singularité est devenue virtuel lors de l'explosion qui l’a créée.



-Parce qu'elle a accédé à son inconscient, inconscient qu'il était lors de l'explosion, compléta alors Menaud.



-Exactement. Et comme il fût la passerelle (bien qu'il ne fût pas sur la passerelle à ce moment-là) entre la singularité et le virtuel, il est le seul qui puisse influer sur les réalités que vous allez rencontrer...



-Et comment je fais pour influer ? Demanda Georges.



-Avec difficulté, lui répondit Alberta


vendredi 25 janvier 2019

Croque-vie décembre 2018,
Varadero, Cuba.


La ville de Caraïbes ensoleillement a le pouce vert : même ses trottoirs sont en végétante mutation. Varadero a l'urbanité repoussée par sa nature de rebelle...   


Et dans les portiques aux arches qui regardent la rue sous leurs pieds, les habitants de la faune domestiquée vagabondent librement au sein ce pays à la flore urbaine plus prodigue de palmiers que de bitume...











Les tous risques côtoient les habitants de la Playa Azul, dans ses rues où le goudron est assaisonné par les fines herbes qui le transpercent ici et là... en Caraïbe, la nature se vautre dans la luxure !

jeudi 17 janvier 2019


L’igloo dans mon salon


Quand il neige dans ma maison,
Je fais un igloo dans mon salon.
C’est un dôme de glace rebelle,
Où je m’abrite des vérités partielles
Que souffle les blizzards médiatiques,
Sur ma demeure de l’antarctique…




Sous cette tente d’iceberg morcelé,
Se cache un ours polaire mal léché.
Je suis un misanthrope de rare chevelure,
À l’âme lassé par les bourrasques de parures
Qui soufflées par les airs de ce temps,
Mettent ma banquise au tourment…









Les neiges ne sont éternelles qu’en hiver,
Sur les terres des nationalistes identitaires.
Je me protège de leur climatisation changeante,
Dans mon bunker d’esquimaude clairvoyance.
Sans l’air conditionné aux valeurs communes,
Le pôle du sud au nord est semblable sous la lune…



samedi 12 janvier 2019



Un titre 34 

Le retour au temps perdu, dans l'espace bien loin d'ici. 

Treizième épisode 


Des utopies utopiques, et des ordinateurs fous.





-Justement, répondit l'IA, j'allais vous proposer de nous rendre sur la planète Utopie, qui se trouve à quelques parsecs d'ici, vous devriez y trouver tout ce dont vous avez besoin...



-Alors, en route pour Utopie, le somma Soda...



Finalement, le passage en Utopie sommé par Soda à l’IA, se somma par une déception qui les assomma. Il fut sans avenir une fois qu’ils y furent passés, et dépassés sans qu’ils l’aient vu venir : le système était tellement utopique qu'ils y passèrent sans le voir… et s’en espacèrent sans s’en apercevoir ! Force-leur fut de constater que cette Utopie avait la réalité bien évanescente…



Y passer fût un véritable passage à vide !



-Ce passage sous vide n'est pas une bonne nouvelle, dit Soda à Saule lorsqu’ils se retrouvèrent sur la passerelle.



-Oui, répliqua ce dernier (ce qui n’en faisait pas un premier malgré ce qu'en disait le proverbe), on comptait sur ce système pour faire le plein de provisions, de carburants, et de toutes sortes de choses qui vont nous manquer cruellement quand nous en manquerons ! (Saule maîtrisait parfaitement l’art de la redondance répétitive.)



-Tu as bien raison, répliqua Soda, nous n’avons pas comblé nos manques à cause de ce vide quand nous le pouvions, et maintenant que ce que nous pouvions nous ne le pouvons plus, nous devons trouver ce que nous pouvons de nouveau. (Il s’arrêta, pas très sûr de ce qu’il venait de dire avant d’y avoir pensé.) Hal, poursuivit-il, as-tu une solution pour palier à ce manque à gagner que nous avons perdu en Utopie ?



-Hal, la, la, la, lui répondit Hal, les carottes cuites sont archi sèches, et même si la duchesse s'enfuit, les carottes resteront cuites !



-Euh, répliqua Soda.



-Euh, euh, répliqua Saule (qui n’hésita pas à étendre son art de la répétition redondante aux truies (cochon qui s’en dédie, de ce que dit l’autre).



-Euh, eux et nous, rétorqua Hal, formons un autre nous que celui des autres qui ne sont pas nous autres…



-Monsieur, intervint alors Crate (Buro de son prénom), il semblerait que les fonctions cognitives artificielles de Hal se soit autodégradé lors de notre passage en vitesse éteignoir : comme il lui a fallu éteindre toute les lumières pour qu’on la dépasse (la lumière), il a dû éteindre ses propres synapses luminescentes par la même occasion, et il semblerait qu’il ne soit pas parvenu à toutes les rallumer…




-En bref, il a perdu la boule lumineuse…



-C’est cela monsieur, et si on ne trouve pas un interrupteur pour la rallumer, il risque de la perdre pour de bon…



-Et nous perdre par la même occasion, ce qui serait fâcheux surtout que nous sommes déjà perdus au fin fond de la galaxie…



-Oui, intervint Saule, et quand on se perd deux fois, on ne se repère pas, on se reperd… 



-Y’a t’il un moyen de rallumer les neurones artificiels de Hal ? Demanda Soda.



-Oui, en trouvant un psychiatre d’artifice, spécialisé dans les intelligences qui le sont (artifices elles), lui répondit Crate.



C'est à ce moment qu'un de ceux qui faisaient des choses sur la passerelle qui avaient l'air très importantes, mais dont personne ne pouvait dire en quoi elles consistaient, intervint...



-Monsieur Soda...



-Oui monsieur Naire (Fonction de son prénom).



-Je crois qu'il y a un système stellaire pas très loin qui pourrait faire l'affaire pour nous sortir d'affaire. Il s'agit du système de...

mercredi 12 décembre 2018


Un titre 34 

Le retour au temps perdu, dans l'espace bien loin d'ici. 

Douzième épisode 
Du temps qui fuit, et des batailles épiques.



Avertissement : Nous devons à ce moment du récit, faire un temps d’arrêt pour en spécifier certaines contraintes (du temps) dans les pages à venir (et qui sont passées). Georges et Menaud se trouvant au cœur d'un trou noir, au sein de pareils cavités de pénombre les repères temporels habituels se perdent. Il s’ensuit que ce qui suit ne le fait plus nécessairement (suivre) et que passé, présent et futur s'y entremêlent joyeusement. La concordance des temps risque donc d'être quelque peu malmenée dans le futur au passé de cette histoire présente, du moins le temps que la relativité se calme un peu.



Ceci étant dit, fin du temps d'arrêt et reprise du temps d'après...



Georges et Menaud donc, seront pris entre des cow-boys et des indiens qui se font la guerre : les uns arrivant d'un côté et les autres de l'autre, il se trouvait au beau milieu (étant donné (mais ils en payeront tout de même le prix s’ils en sont atteints) les balles et les flèches qui leur sifflaient aux oreilles, on pouvait trouver que ce n’était pas un aussi beau milieu que cela) des hostilités.



-Je pense qu'il n'y avait qu'un moyen de s'en sortir, dira alors Georges...



-Je serai très heureux de le connaître, lui répond Menaud...



-Il fallait suivre les flèches.



Devant l'air intrigué de son second, Georges s'expliquera : « Comme les amérindiens ici présent tirent avec des flèches sur la cavalerie, nous faisions mieux de suivre les indications qu’ils déclenchent sur eux, pour rejoindre les tuniques bleus (tachés de rouge quand les traits (non d’esprit, mais qui restent pris) touchent au but).  Si je me fie à mes souvenirs des Guerres Indiennes, ce sont la plupart du temps les cow-boys qui massacrèrent les indiens. C’est donc en suivant les flèches que ces derniers tirent sur ces premiers, que nous pourrons rejoindre le clan qui massacre plutôt que celui qui le sera. »



-Et comme les chances de survie sont bien meilleures chez les massacreurs que chez les massacrés…



Ils partent donc dans le sens des flèches, qui les menèrent parmi les rangs des vestons lavandes, dont quelques soldats eurent l'obligeance de s’avancer pour leur faire escorte, et réceptionner par le fait même la volée de flèches qui les suivaient à leur place. Heureusement pour les survivants il n'y eût pas de seconde volée, les indiens s'étant envolés…



Leurs flèches qui avaient fait mouche n’étaient que celle d’une escarmouche…



Les soldats bleuis (mais qui n’étaient pas des bleus) accueillirent chaleureusement Georges et Menaud, car comme ils étaient arrivés au moment même où les indiens se retiraient, ils leur attribuèrent le mérite du retournement de la situation.



Avertissement (bis) : Nous devons à ce moment du récit, faire un deuxième temps d’arrêt. En effet, le temps de revenir à un temps linéaire dans ce récit est venu : la relativité de Einstein étant restreinte, elle a des limites, et elle vient tout juste de les atteindre…



-Messieurs, leur dit le général des troupes aux manteaux lapis-lazuli, je ne sais pas d’où vous venez, mais il semble que votre venue d'on ne sait où nous ait porté chance. Je vous en suis reconnaissant, et je vous assure que vous ne risquez rien de ces sauvages hindous (tout comme Christophe, le général avait tendance à mélanger les continents et leurs habitants) tant que vous êtes sous ma protection. Vous arrivez d’ailleurs au bon moment pour assister à ma grande victoire...



-Georges One et Menaud Second, se présenta Georges et représenta Menaud. Pourrions-nous savoir à qui nous avons l’honneur, et quel est cet endroit ?



Le général les salua à son tour en levant son chapeau : « Enchanté messieurs, je suis heureux de faire votre connaissance. Peut-être avez-vous entendu parler de moi ? Je suis le général Custer, et je suis sur le point de livrer une bataille décisive contre les Cheyennes et les Sioux. Je vais défaire leur chef, Taureau en Exercice, (libre traduction de l’auteur) sur les bords de la rivière Little Big Horn (la Petite Grosse Corne). »



-Oups ! dit alors Georges à Menaud, on n’a peut-être pas choisi les bons massacreurs finalement !

jeudi 6 décembre 2018


Les téléphones ignorants

 

Ce sont des téléphones ignorants,

Ces appareils qui ne partagent que la peur et l’indécent.

Ils n’ont qu’une seule cellule, et elle est bien amère…

Ce sont des téléphones unicellulaires !






Ils parcourent les réseaux sociologiques :

Ces fils où se transmettent l’ignare pensée unique,

La toile où se tissent les vérités de contrefaçon…

Le royaume des internautes en caleçon !






Ce sont des télégraphes sans fil conducteur,

Qui transmettent l’inepte à toute heure,

Les paranoïaques en sont la voix de la raison…

Les complots y sont toujours de saison !




Ils sont les portraitistes de l’égo,

Ils distribuent la vanité en réseau,

Mais une image ne vaut pas mille mots…

Quand elle est une prise de placebo !