vendredi 6 novembre 2026

 

Les barres parallèles…

Chapitre 20

Des ordinateurs sous-traitants, et des rumeurs enrhumées.


HAL s’était fait planter par la plante grimpante d’hostiles intentions et d’envahissante humeur. Pour ha ha HAL (un drôle de numéro ce HAL), c’était une première d’être victime de ce type d’invasion écologique par son environnement immédiat (une bourbe due à sa bourde de pilotage les avait piégé). L’envahisseuse arboricole, dont l’arbre généalogique s’enfonçait dans un fumier immémorial, voulait faire du Spartacus un vaisseau vassal. Les membres de l’équipage deviendraient alors ses vassaux du vaisseau épris de sa vase…

L’invité inattendu s’était invité dans les méandres du vaisseau, et il s’y étendait en tous sens, sans dessus dessous (s’il y a un trésor au sous-sol, on n’est pas déçu du dessous) et en tous sens. Ses vertes branches s’étaient insinuées subrepticement dans les moindres recoins de l’appareil. Elles s’étaient incrustées jusqu’au sommet de l’appareil (ou le semblable) sans avoir de vertiges, mais à l’aide de ses vertes tiges.

Il s’était même faufilé jusqu’aux  arcanes secrètes du Spartacus, là où l’art canne les couloirs secrets pour qu’ils soient empotés par les envahissaux du vaisseur (ou vice se versa dans les terminaisons).  La hisseuse envahissante (elle monte, elle monte la plante grimpante) dans son effort criait oh hisse, on hisse (cri d’effort, mais pas des forts). La plante escalatrice s’incrustait grâce à la vase tisseuse qui dégoulinait dans les vaisseaux sanguins, (sans marchandise à vendre, il était sans gain le vaisseau.) Ces ramifications importunes affectaient les circuits de l’IA : elles se ramificationnaient (le verbe qui n’existait pas vient de naître sous nos yeux émus, la « ramification nait » du néant, et il vaut 19 points au scrabble contre 14 pour ramifiait) un peu partout.

Ce n’était pas parce que le développement de la plante viagère (une vie à gérer est une vie à gère) allait croissant, qu’elle croissait sans complexe (et sans confiture). La plante avait crû (l’eusses-tu cru ?) jusqu’au complexe informatique du vaisseau, là où se trouvait le processeur possesseur du synthétiseur vocal. C’étaient les haut-parleurs parlant d’ordinaires ordinateurs au service de HAL. C’était ce subalterne processuel consensuel (la rime est utile quand on arrime deux mots ensemble) qui donnait forme aux messages de l’IA, il était un sous-traitant de ses fonctions linguistiques.  C’était moins compliqué de sous-traiter les vocables verbeux, que de les traiter saoul (question d’éviter à HAL une élocution pâteuse). Mais pour l’instant et pour le lecteur, il faut savoir que cet ordinant ordiné ayant comme fonction de porter la parole de l’IA était sur le point de sombrer dans un mutisme végétal. C’est alors que des murs et du plancher retentit un cri tonitruant (même s’il n’a jamais été prouvé que Tony était un truand…)

-SALUT LES COPAINS ! Tonitrua le crieur. JE VOUS AI MANQUÉ ? 

HAL venait de prouver que les rumeurs de sa mort étaient nettement exagérées. Le ressuscité put (mais il ne puait pas, sa décomposition avait été annulée à la suite des exagératives conclusions de l’auteur (n’hésitons pas et avouons-le : l’auteur n’avait pas été à la hauteur)) mettre fin aux rumeurs, mais pas aux rhumes algorithmiques de son corps informatique. Mais il était vivant, et de ce fait on pouvait dire que les rumeurs s’étaient enrhumées. Même s’il était en possession moyenne de ses moyens, il en eût suffisamment pour reprendre le contrôle, à la surprise (et ce n’était pas une surprise partez) du groupe d’intervention. Marie de la Curie (la curie des officiers scientifiques dont elle était le seul membre) lui demanda comment il avait fait pour revenir aux commandes…

Les rumeurs enrhumées


         -Oh ! Répondit-il, j’ai pris le contrôle en alternance avec le délite (ctrl alt delete pour les profanes (et pas les pros fans) d’informatique), ce qui m’a permis de faire un reboot régénérant de mon système, et d’absorber une grande partie de la plante alien qui m’aliénait (c’est bien connu que les aliens aliènent) pour s’insinuer dans les systèmes commandant le vaisseau. Elle essayait de prendre le contrôle de mes commanditaires…

         - Les commanditaires ? lui demanda Marie l’officière scientifique pas impatiente (les scientifiques sont patients, mais ils n’aiment pas la patience, ils la considèrent comme de la pas science).

         -Il est certaines commandes qui ne peuvent qu’être dites, c’est pourquoi on les appelle les commandes dites !

         -Mais c’est une prise de contrôle partielle. Tu l’as seulement tassé, tu ne l’as pas éliminé… Laplante va sûrement revenir ! répliqua Marie avec un scepticisme antiseptique (ses doutes étaient aseptisés par une dose massive de certitudes désinfectantes).  

         -Impossible. Je suis plus fort que lui et je vais…  Scrunch Bzzzboui…

         Alors que les expéditionnaires se demandaient ce qui arrivait à leur IA, elle reprit la parole, et ils comprirent que ça n’allait pas bien du tout…

         -Je suis votre nouvelle intelligence artificielle, veuillez déposer vos armes et votre dévotion à mes pieds…